Marie Godard Pétitions en faveur de l'aide active à mourir

Pétitions en faveur de l’aide active à mourir – Marie Godard

Il y a quelques jours, le 27 octobre précisément, Nathalie Debernardi et moi avons publié une mise à jour de nos pétitions dans laquelle nous nous disions opposées à une pétition très récemment mise en ligne par l’association Ultime Liberté et dont voici les termes essentiels : La pétition demande une loi qui permette à

“tout citoyen français majeur et juridiquement capable qui en fait la demande”… de pouvoir “accéder légalement à une dose létale ou un moyen de mort volontaire”… permettant ainsi au “citoyen disposant (…) de sa capacité de discernement et de sa volonté ferme et réitérée, d’être responsable de son accès à la dose létale” et afin que le demandeur ne puisse plus “être considéré comme se mettant lui-même en danger”.

Comme je m’y attendais, notre mise à jour a suscité de nombreuses réactions, souvent très négatives. Je pense qu’il est nécessaire que je précise certains points qui n’ont pas été compris, me semble-t-il.

Je n’ai aucune objection au droit au suicide. Aucune. Chacun doit être libre de finir sa vie comme il l’entend et nul n’a le droit de juger la personne qui décide qu’elle ne veut plus continuer le voyage.

En revanche, le but de ma pétition, de celle de Nathalie Debernardi, et du travail de l’association Le Choix – Citoyens pour une mort choisie, dont j’ai été l’une des créatrices et coprésidentes, et maintenant membre d’honneur, n’est pas d’obtenir l’accès pour tous les Français majeurs, sur simple demande, à un poison létal. Non, ce n’est pas du tout ce que nous voulons et nous avons été très clairs depuis que les pétitions ont été lancées!

Nous voulons que les personnes qui sont atteintes de maladies graves et incurables, qu’elles soient ou non en fin de vie, et celles qui subissent des souffrances psychiques ou physiques qui leur sont insupportables, et qui sont particulièrement fréquentes chez les personnes âgées, aient accès à ce poison létal.

Si nous acceptions les demandes de la pétition d’Ultime Liberté, nous n’aurions aucune chance de voir cette loi votée. Soyons réalistes. 90% des Français veulent une loi qui autorise l’aide active à mourir dans un cadre précis que je viens de préciser plus haut et malgré cela, les personnes qui

nous gouvernent sont trop frileuses pour la voter.

Et cela s’appelle la démocratie…

Alors, dites-moi, quelles seraient les chances que la demande d’Ultime Liberté soit entendue ? Égales à zéro.

Je vais plus loin, j’estime que cette pétition porte tort au combat que nous livrons car ses demandes sont excessives dans le contexte actuel. Il est à mes yeux évident que ceux qui sont opposés à nos demandes l’utiliseront contre nous. Elle leur servira de prétexte pour juger notre demande déraisonnable et, de ce fait, irrecevable. Les législateurs qui sont opposés à nos demandes auront là une raison taillée sur mesure de refuser de voter la loi.

Je suis persuadée que si toutes les personnes qui nous reprochent notre prise de position prennent le temps de réfléchir à ce que je viens d’écrire, elles comprendront et accepteront la nécessité de cette mise en garde.

Et je tiens, pour terminer à remercier tous ceux qui ont choisi de ne pas réagir à cette mise à jour parce qu’ils continuent de nous accompagner dans notre combat.

Marie Godard

Libres propos Marie Godard

Créatrice de la pétition « Battons-nous pour obtenir une loi sur l’aide active à mourir » chez change.org
Co-fondatrice et ex-coprésidente de l’association Le Choix – Citoyens pour une mort choisie.

Membre du Comité d’honneur du CHOIX.