PRESENTATION du Docteur  Denis LABAYLE

Retraité depuis 10 ans, j’ai été pendant 25 ans chef de service au Centre hospitalier Sud Francilien dans l’Essonne. J’ai 40 ans de vie hospitalière derrière moi, ce qui m’a permis de de participer à bien des évolutions. J’ai écrit 18 livres dont 5 essais et 9 romans.

Je me suis beaucoup engagé en politique, dans la réforme hospitalière, pour le droit à l’avortement, dans la collaboration avec des hôpitaux africains ( 22 ans.) Depuis 1997 je me suis investi pour défendre le droit de choisir sa fin de vie en toute liberté. J’ai été à l’origine du manifeste des 2000 soignants qui  ont affirmé avoir aidé des patients à mourir, j’ai écrit Pitié pour les hommes (Stocke), j’ai participé à nombre d’émissions radios et télé (5 fois à C’ dans l’air), enfin j’ai été témoin lors des procès de Christine Malèvre et de Nicolas Bonnemaison. Pour être simple, j’ai un site : denislabayle.fr

Pourquoi s’engager avec la nouvelle association Le Choix ? Peut-être parce qu’elle est nouvelle. Peut-être parce que j’espère qu’elle n’aura pas les défauts d’une autre association sclérosée ou l’on se demande « Pour qui elle tourne ? Pour les idées ou pour elle-même ? ».

Vous l’avez compris, j’ai offert mes services, il y a dix ans, à une association qui m’a fait comprendre rapidement que je faisais de l’ombre au président. Je n’ai pas insisté. J’ai toujours été adepte du plaisir du travail collectif et je n’aime pas les structures pyramidales, avec des gens qui ont des égos surdimensionnés. Comme les orientations de cette nouvelle association Le Choix me conviennent, je me lance. De plus, j’y retrouve des amis qui ont fait la même évolution que moi… quelques années plus tard.

La situation actuelle est difficile. Les politiques promettent et ne font pas (aujourd’hui, ils ne promettent même plus.) Le sujet est de nouveau tabou. Reste le pouvoir citoyen…

A nous de nous organiser pour faire bouger les mentalités et surtout faire pression pour amener les politiques à changer les lois. Le succès des pétitions récentes prouve que la population attend le changement. Je crois qu’il faut être ambitieux et clair sur les objectifs pour réussir.

Septembre 2019

PRESENTATION François LAMBERT

Je suis le neveu de Vincent Lambert. Tout le monde connaît son histoire, sans la connaître vraiment. Son cas a démontré que la loi avait pour dernier but seulement la lutte contre l’acharnement thérapeutique. Il a aussi notamment révélé la force des lobby (médical, religieux, politique…), qui empêchent qu’une loi digne de ce nom n’émerge. Il a mis en évidence la collusion non assumée entre léonettistes et pro-vies.

Pourquoi je rejoins le Choix ? Après discussions avec des membres du collège décisionnel, il m’apparaît que l’ouverture et le pragmatisme y dominent. Association récente, qui n’est pas encore atteinte par le poison des éléments de langage simplistes, elle cherche à éviter de se mettre dans une impasse, et n’enferme pas les victimes de la loi actuelle dans un pathos militant. Elle défend la liberté et la responsabilité des patients, et non celles du médecin.

Je ne me satisfais pas de la loi, mais je ne lui souhaite pas de donner lieu à des expériences éprouvantes en pensant que cela serve la cause. Je veux donc également évoquer son évolution. On peut vouloir une nouvelle loi ET tenter d’obtenir des changements à l’intérieur de la loi. Les deux ne sont pas incompatibles. C’est ce que j’ai défendu pendant l’affaire, d’ailleurs. On ne sait en réalité pas par où l’évolution souhaitée pourrait arriver, et il faut être présent sur tous les fronts.

J’espère pouvoir apporter, en tant qu’avocat qui prêtera serment dans quelques semaines, mon expérience, notamment dans l’identification des blocages, alimentés parfois par de fausses bonnes solutions qui ne font que les renforcer, et la façon d’y remédier. Ce pour créer un cadre juridique qui coupe l’herbe sous le pied des opposants, lesquels parviennent à convaincre, notamment parce-qu’ils ne sont pas tout le temps dans la mauvaise foi.

J’espère ainsi poser les premières pierres de la réflexion qui se tiendra au Comité consultatif du Choix, qui devrait être, et sans nul doute sera, un organe pluridisciplinaire.

Le but est d’obtenir que des médecins ne puissent plus considérer que la souffrance des proches ou des patients est un plébiscite de leur personne, mais qu’ils soient contraints d’y répondre médicalement ou de laisser leur place.

Pour qu’une certaine justice ne soit pas dans une relation hypocrite et dans un jeu de rôle avec les plus rétrogrades du lobby médical, mais qu’elle se donne les outils pour être respectée et travailler avec le corps médical en bonne intelligence, a posteriori mais aussi a priori. Car sauf à modifier la Constitution, sauf à s’extraire de la Convention européenne des droits de l’Homme, il est impossible d’exclure la justice de la fin de vie.

Dans mon esprit de juriste, c’est heureux. Mais alors la justice doit tenir son rôle. Elle ne doit pas être sensible qu’aux chants des sirènes des défenseurs de la vie et ne doit pas défendre le choix de certains médecins de maintenir en vie coûte que coûte.

Il existe des juridictions spéciales, pour s’adapter à la complexité et la rapidité de la vie économique par exemple. Pourquoi ne pas en imaginer une pour la fin de vie, qui ne serait pas composée exclusivement de juristes ? J’y vois de nombreux intérêts. C’est en tout cas une piste à creuser, parmi d’autres.

septembre 2019